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Chef d’établissementCollégienEnseignantDéfi Robot

ISAGRI : le code agricole

Mis en ligne le

Péo60 est allé à la rencontre de l'entreprise ISAGRI, qui fait rimer agriculture et numérique.

L’une des épreuves de Défi Robot consiste à établir un programme afin de permettre à un robot de suivre un chemin précis en suivant une ligne noire.

Le principe peut trouver une application concrète avec les véhicules autonomes en cours de développement (voir l’article sur l’UTC de Compiègne). Mais ce qui est à l’essai sur les routes est déjà une réalité dans les champs.

Ainsi, une entreprise de l’Oise a aligné les lignes de code pour guider des engins dans les parcelles du département et du monde entier.

 

De la gestion d’exploitation au guidage/pilotage d’engins agricoles

ISAGRI a été fondée en 1983 à Beauvais, par Jean-Marie SAVALLE, à l’époque enseignant à l’ISAB (actuellement Institut polytechnique UniLaSalle à Beauvais). Le produit développé était un système de gestion d’exploitation agricole, fonctionnant à l’aide de machines qui allaient, par la suite, révolutionner les façons de travailler : les micro-ordinateurs.

Depuis, la structure est passée de 3 à près de 800 employés. Partie de Beauvais, où le siège est toujours implanté, elle rayonne aujourd’hui dans le monde entier avec des filiales basées en Europe, en Chine, au Canada.

L’objectif d’ISAGRI est de simplifier la vie des agriculteurs en matière de gestion technique, administrative et économique en étant à l’écoute de leurs besoins et en utilisant toutes les possibilités offertes par l’informatique.

Ainsi, Geofolia, le logiciel de gestion de parcelles est désormais connecté à internet, aux objets/outils connectés comme la station météo connectée Météus qui fournit la météo locale en temps réel et permet un partage avec les abonnés au service. Un dialogue est aussi possible avec des solutions embarquées sur les tracteurs qui vont pouvoir assurer la traçabilité des travaux extérieurs.

Code ISA….360

Développée par l’entreprise beauvaisienne, ISA360 se présente comme une grosse tablette. Elle s’installe dans un tracteur et va permettre de piloter les machines lors de leur travail.

L’appareil intègre une carte de la parcelle à traiter, soit via un import soit par arpentage direct avec un positionnement par satellite et correction de pente (GPS, DGPS RTK, ce dernier ayant une précision inférieure au mètre). Ecoutons les explications d'Olivier :

"C'est uniquement dans le cas d'une modulation de dose (si on importe une carte de modulation) que l'on divise en plusieurs zones : un arpentage simple ne divise rien, l'arpentage ne fait que créer un polygone représentant le contour de la parcelle. Puis par-dessus cet arpentage on applique (on importe) une carte de modulation qui elle est divisée en plusieurs zones, etc."

Dans le cas d’un apport d’azote par exemple, l’exploitant doit définir les besoins de son sol, soit en effectuant une analyse sur échantillonnage, soit en utilisant une image des cultures prise par un drone (les plantations sont moins vertes en cas de manque). Il peut ensuite importer cette carte de modulation dans ISA360 afin d'affecter la bonne quantité d’amendement, zone par zone.

Cette dernière va ensuite guider le conducteur en lui indiquant le chemin à suivre et la dose de produit à délivrer. Elle évite le croisement/chevauchement de ligne (surdosage) et les oublis (sous-dosage). Reliée au système météorologique en temps réel, elle est aussi capable d’indiquer quel est le meilleur moment pour traiter.

Le dispositif peut encore aller plus loin. En fonction de la compatibilité ISOBUS du matériel, ISA360 peut prendre les commandes de l’engin et moduler la quantité de produit à délivrer.

Nous obtenons ainsi une agriculture plus écologique et plus économe.

Langues et langages

A l’instar de notre robot sur la ligne noire, le terminal embarqué nécessite de nombreuses lignes de code. Développée à la base pour des Pocket PC et le langage Delphi, la solution a évolué. Plusieurs langages sont utilisés. Le moteur de calcul travaille en C pour sa rapidité, la base de données est en SQL sur PC et SQL CE sur conseole ISA360 pour sa simplicité (pas besoin de gros terminaux pour exploiter les informations). Le reste est basé sur du C# (C sharp, prononcer « sicharpe ») et l’utilisation de Visual Studio.

Mais le travail des développeurs ne se limite pas à la mise en place d’un programme, ils doivent aussi l’adapter en fonction de l’évolution des langages de programmation et des machines, prévoir son évolution future, l’adapter en vue de la traduction de l’interface utilisateur.

Si les écrans de programmation sont en français, les bases et la documentation sont en anglais.

De plus, l’activité internationale d’ISAGRI implique d’adapter les solutions aux besoins de chaque pays et de leur législation agricole et alimentaire.

L’importance de l’humain

Programmer des logiciels demande des moyens humains : 80 recrutements ont eu lieu en 2017.

« Les profils recherchés sont variés, développeurs bien sûr, mais aussi commerciaux et relations clients » nous indique Maude DHERBÉCOURT, recrutée après sa sortie de l’EFAP Lille.

« L’important est d’être motivé » précise Olivier HOFFMANN, développeur, entré chez ISAGRI après un BTS d’électronique et un diplôme d’ingénieur informatique. L’entreprise a mis en place un dispositif de formation interne et de partage d’expérience pour permettre à tous de s’adapter aux besoins du moment.

Remerciements

Merci à Madame Maude DHERBÉCOURT, Assistante de Communication, pour nous avoir très cordialement accueilli, présenté l’entreprise et accompagné ainsi qu’à Monsieur Olivier HOFFMANN, Ingénieur Développeur, pour nous avoir expliqué le fonctionnement et répondu à nos questions à propos d’ISA360.

Contacts

ISAGRI
Avenue des Censives,
60000 TILLÉ
03 44 06 40 00
Site internet : www.isagri.fr