Formation Gestion différenciée des espaces verts


La campagne "Gestion différenciée des espaces verts dans les collèges de l'Oise" s'est déroulée sur 5 sessions de 2 jours, sur 5 sites différents (Henri Baumont à Beauvais, René Cassin à Brenouille, Louise Michel à Saint-Just-en-Chaussée, Anatole France à Montataire, Claude Debussy à Margny-lès-Compiègne), choisis en fonction de la démarche déjà engagée sur ces sites, qui conjugue du "0 phytosanitaire", de la gestion différenciée et un début d'observation de la biodiversité indigène de l'Oise.

En 2015, ce sont 62 agents, venus de 41 collèges différents, qui ont été formés. Le but de la formation : montrer l’intérêt de telles pratiques pour la biodiversité locale, l’importance de mener une gestion différenciée en concertation avec les membres du collège, l’importance de communiquer sur le changement de pratiques.

La gestion différenciée des espaces publics propose une gestion différente et adaptée aux particularités et aux usages de chaque espace.

Qu'est-ce qu'une gestion différenciée des espaces verts ?

C'est une gestion différente selon les espaces. Par exemple :

Zone d'accueil des élèves

Le but est de proposer un décor accueillant et chaleureux pour les élèves, les professionnels du collège et les visiteurs. Les agents sont donc encouragés à proposer un fleurissement permanent par l'emploi de plantes vivaces adaptées et maintenir un aspect fleuri et naturel sur l'ensemble de l'année. Les espèces indigènes de Picardie sont à privilégier, dans une logique de préservation de la biodiversité locale.

Pelouses

Différents types de tontes sont possibles suivant les usages du patrimoine extérieur. Ainsi, le collège, par des jeux de tonte différenciée offre des ambiances différentes suivant les espaces et pouvant évoluer d’une année sur l’autre, car l’agent intervient sur un espace vivant :

  • Une tonte régulière, courte pour les espaces utilisés avec le mulsh dans la mesure du possible.
  • Une fauche tardive, pour les espaces très peu voir non utilisés : 1 fois dans l'année (fin août/début octobre : plus la date de fauche est tardive, plus la flore a le temps d'atteindre le stade de fructification nécessaire à sa reproduction) ou 2 fois dans l'année (hors période qui va de mai à mi-juillet, correspondant à la principale période de reproduction pour un grand nombre d'espèces nichant au sol).

La tonte tardive au collège de Brenouille permet de gagner du temps pour travailler des espaces d’accueil et mener du désherbage manuel (Photos prises par Claire Story).

Cette gestion différenciée se combine parfaitement avec une démarche « zéro phyto ». En effet, les tontes différenciées permettent de rationaliser le temps nécessaire à la tonte et peut être redéployée pour une pratique de désherbage manuelle ou thermique plus chronophage que le désherbage chimique.

Intérêt de la tonte tardive

La tonte tardive permet de réduire la production de déchets fermentescibles, préserver la biodiversité en permettant l'expression des espèces indigènes et la création de zones refuges pour les insectes pollinisateurs et les oiseaux.

L'agent en charge des espaces verts peut alors se tourner vers des pratiques alternatives aux produits phytosanitaires. Une bande tondue régulièrement entourera la zone de fauche tardive, afin de mettre en valeur ce type d'entretien. Une pancarte peut également être posée, indiquant qu'il s'agit d'une zone de fauche tardive afin de préserver la biodiversité.

Des zones de prairies fleuries peuvent également être créées, en veillant à y incorporer des espèces indigènes de Picardie, plus adaptées à nos latitudes et à la faune locale.

Les techniques de désherbage à utiliser sont de différentes sortes : paillage et plantes couvre-sol afin de prévenir la pousse d'adventice, désherbage mécanique sur le bitume et en pieds de trottoirs, désherbage thermique (hors grillage, vitres, voitures...).

Panneau téléchargeable afin d'informer les membres de la communauté éducative sur les fauches tardives
Télécharger le panneau A3 [Pdf - 3 Mo] 

La démarche de gestion différenciée des espaces publics et le développement durable

Cette démarche est basée sur les enjeux du Développement Durable.

Environnementaux : préserver et gérer la biodiversité, limiter les pollutions, gérer les ressources naturelles, valoriser les biodéchets.

Culturels : améliorer le cadre de vie, faire évoluer les pratiques professionnelles, sensibiliser les élèves au respect de l'environnement. 

Économique : optimiser les moyens humains, matériels et financiers, maîtriser les temps de travaux, adapter le matériel.

Une démarche qui doit s’appuyer sur une communication adaptée

Lorsque le collège fait évoluer ses pratiques en privilégiant à certains endroits des pelouses hautes, variées, fleuries, vivantes, il lui faudra communiquer auprès de ses riverains. En effet, encore actuellement, le bon entretien des espaces verts se traduit pour certains par des tontes régulières, courtes, d’une pelouse mono-spécifique. Ce voisinage doit donc comprendre qu’une tonte tardive n’est pas un abandon de l’entretien du collège, mais bien une pratique volontariste, éco-citoyenne et pouvant avoir une portée éducative. 

La communication autour d’une telle pratique s’appuie, dans un collège de l’Oise, sur différents canaux : 

  • Un autocollant à l’entrée du collège informe que le celui-ci est « 0 phyto » ; 
  • Une tonte rase encadre la zone de fauche tardive ; 
  • Un panneau accompagne les prairies fleuries ; 
  • Une formation sur la gestion différenciée des espaces verts dispensée à 61 agents – avec un fort accent sur les enjeux de développement soutenable auquel il peut participer par sa pratique de gestion des espaces extérieurs ;
  • Un flyer diffusé par l’agent en charge des espaces extérieurs ; 
  • Une invitation à s’emparer des caractéristiques techniques des espaces extérieurs pour les enseignements.

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