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Halte au gaspi au collège Jules Michelet

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Le collège Jules Michelet fait partie de l'expérimentation visant à favoriser une consommation plus responsable au sein de la restauration scolaire. Petit retour sur une année riche en actions...

Favoriser une consommation responsable

Depuis 2016, le Conseil départemental de l'Oise, en partenariat avec la Chambre d'agriculture et la Direction des services départementaux de l'Education nationale, s'est engagé dans une démarche d'approvisionnement local des restaurations scolaires des collèges, dans une logique de développement durable et d'une consommation responsable, tout en favorisant l'éducation éco-citoyenne des collégiens.

Afin de développer cette démarche, une expérimentation est mise en place sur 17 collèges pilotes durant 2 années scolaires, dans le but de tester différents types d’intervention, d’accompagnement, dans une perspective, à terme, d’élargir la démarche à l’ensemble des collèges publics du département. Il s’agit en s’appuyant sur une action phare de «repas locaux, de saison et 0 gaspillage», d’accompagner les collèges, de sensibiliser les élèves et de mobiliser un réseau d’acteurs (chefs de cuisine, producteurs et transformateurs locaux, etc.).

Une prise de conscience du gaspillage

Sandrine Bouteiller, professeure d'éducation musicale et référente du projet, nous révèle comment tout a commencé : "Moi ainsi que l'intendant du collège M. Destrez-Ostrowski étions très intéressés par ce projet. Après avoir rencontré M. Baliteau du CPIE fin mars, nous avons commencé, avec les élèves  de ma classe de 5èmeE, dont je suis professeure principale, à réfléchir par ateliers de 4-5 sur le gaspillage alimentaire à l'aide d'images et de diaporamas. Nous avons également préparé des questionnaires à l'intention des usagers de la restauration scolaire et de M. Petit, notre chef de cuisine".

Les élèves ont pu à cette occasion prendre conscience de l'ampleur du gaspillage alimentaire au niveau mondial : chaque année, ce sont en effet plus d'1 milliard de tonnes (environ un tiers de la production agricole) qui part à la poubelle.

Des pistes ont été évoquées afin de réduire ce gaspillage : sensibiliser les gens, trier les déchets, peser les déchets afin de prendre conscience du gaspillage, mais aussi comprendre pourquoi les gens gaspillent.

Nous avons d'ailleurs pu constater qu'une certaine prise de conscience était en marche, notamment envers le travail du personnel de la restauration :  "Gaspiller, ce n'est pas très sympa pour l'équipe de la restauration. Les élèves s'autorisaient le gâchis puisqu'ils (ou plutôt leurs parents) payent le repas", nous dit Aya. "La charte incite les gens à ne pas trop gaspiller, y compris à la maison", renchérit Louis. Hassiba ajoute : "Maintenant, on a conscience des efforts faits pour produire et cuisiner ce qu'on mange, cela nous incite à plus faire attention".

Le repas "O gaspi, 100% local"

Le 5 avril 2018, ce fut le repas "O gaspi, 100% local" organisé au collège. A cette occasion, les élèves ont trié les déchets, mais aussi tenté de comprendre pourquoi leurs camarades gaspillaient, en allant vers eux et en leur posant des questions à l'aide d'un questionnaire. Le chef cuisinier et son équipe ont également été interrogés afin de connaître leur opinion sur le gaspillage. A la fin du service, une pesée a été effectuée sur la nourriture partant à la poubelle.

Le bilan de l'action

Le 31 mai, un bilan de l'action a été réalisé : "Nous avons synthétisé les résultats des pesées à l'aide de diagrammes. Le 5 avril, 24,414 kg de nourriture sont partis à la poubelle. 40% des élèves n'ont pas touché à leur entrée (40% l'ont tout de même mangé en entier) et seulement 12 élèves sur 100 mangent leur plat principal (près d'1 élève sur 2 laisse la moitié de son plat)".

Les questionnaires ont permis de savoir pourquoi les élèves gaspillent. Par exemple, ceux-ci n'apprécient pas les repas lorsqu'ils contiennent trop de légumes ou lorsque la viande ne leur convient pas. 20% des élèves mangeant à la cantine se rendent compte qu'ils gaspillent beaucoup, soit parce que la nourriture ne leur plaît pas, soit parce que les quantités ne sont pas adaptées (ils ont souvent "les yeux plus gros que le ventre"). En revanche, 60% des élèves disent ne jamais gaspiller chez eux, principalement à cause de la pression exercée par les parents (prise de conscience du coût de la nourriture, obligation de finir leur assiette...).

Des idées pour ne plus gaspiller ont également été élaborées : ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre, réfléchir avant de se servir, interdire de jeter, donner les déchets aux animaux, recycler dans des bacs à compost...

Ces idées ont été à la base d'une charte, dont les signataires s'engagent sur divers points : 

1) Je ne prends sur mon plateau que ce que je peux manger
2)  Je fais des efforts pour terminer ce qu’il y a dans mon plateau
3)  Si je ne finis pas mon plat, je peux le proposer à l’un de mes camarades
4)  J’évite de manger des sucreries entre les repas 
5)  Je ne joue pas avec la nourriture 
6)  J’essaie de finir mon morceau de pain 
7)  Je n’hésite pas à demander au personnel de moins me servir si je ne vais pas tout finir                                                                                      
8)  J’aide mes parents à faire la liste des courses

Un témoignage en chanson

En cours de musique, les élèves ont travaillé sur une chanson afin de rendre compte de l'expérience. Ils se sont inspiré de la chanson des Fabulous Trobadors Ça c'est oui, dont le texte a été réécrit. Le travail d'écriture s'est déroulé par groupes de 5, à raison de 3 séances d'écriture en cours. Seules les meilleures phrases parmi tout ce qui a été écrit ont été gardées.

Voici le texte intégral de la chanson :

Je vous demande, qu’est-ce que vous en pensez du fait qu’on est 21ème siècle et qu’on entre dans le 3ème millénaire et qu’il y a de plus en plus de gaspillage dans le monde ?

C’est pas normal !

Et toutes ces marques auquel on tient (On s’en fiche on s’en fout)
Et les produits qui ne servent à rien
Et les gondoles de magasins
Qui ne nous enlèvent pas la faim
Les faux débats sur les déchets
On en a marre mais …
La nourriture industrielle
Est bonne à mettre à la poubelle
Tous les plats préparés
Qu’on croit bon pour la santé

Acheter des bons produits  (Ah oui ça ça c’est oui)
Pour ne pas attraper de maladies
On gaspille sans s’en rendre compte
On devrait en avoir honte
Et nous les humains sans gêne
Qui déposons des OGM
Plein de pesticides dans les fruits
Que tous les insectes fuient
Il y a des personnes qui meurent de faim
Et nous, nous ne faisons rien
Dans certains pays c’est la misère
Et tous les jours nous épuisons la Terre

Des perspectives en vue

Sandrine Bouteiller tire un bilan très positif de l'action : "Nous avons semé de petites graines qui grandiront au fil du temps. J'ai été époustouflée par l'implication des élèves lors du tri et de la pesée des déchets. L'année prochaine, nous allons organiser 4 repas 100% locaux".