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SAINT-JUST-EN-CHAUSSEEChef d’établissementCollégienEnseignantLouise MichelCDDCCulture

La vie dans le camp de Royallieu : un projet avec la Compagnie Teatro di Fabio

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Des élèves de 3ème du collège Louise Michel à Saint-Just-en-Chaussée ont écrit et mis en scène une pièce de théâtre sur la vie dans le camp de Royallieu.

Des visites et des rencontres pour prendre conscience des conditions de vie

Le projet, mis en place et financé dans le cadre du CDDC est mené par leur professeure de Français Mme Grandsir, en partenariat avec la compagnie compiégnoise Teatro di Fabio. Les élèves ont tout d'abord visité le camp de Royallieu, à Compiègne, qui servait de camp de transit durant la Seconde Guerre Mondiale vers d'autres camps comme Auschwitz, Ravensbrück, Mathausen ou Büchenwald.

Ils ont également visité le Mémorial du wagon à Compiègne, où ils ont pu se rendre compte de l'horreur des conditions de voyage des déportés, traités comme du bétail.

Ils ont aussi reçu la visite de M. Zylberstein, un "enfant-otage" (les Allemands enlevaient des enfants afin de faire pression sur leur famille) interné au camp de Bergen-Belsen.

Enfin, un atelier a été organisé au collège avec les archives du camp de Royallieu. Les élèves ont ainsi pu consulter des lettres, carnets, dessins, jeux de cartes... ayant appartenu aux prisonniers du camp.

Ces expériences ont profondément marqué les élèves : "On a pu se rendre compte de la dureté des conditions de vie dans le camp, car sans ces visites et témoignages, il est impossible d'imaginer à quel point c'était dur pour les prisonniers", nous raconte Andy.

Une pièce écrite et mise en scène par les élèves

Imprégnés de ces expériences et de ces témoignages écrits, les élèves ont imaginé une pièce de théâtre décrivant le quotidien des détenus à Royallieu. Ils se sont appuyés sur des personnages ayant réellement existé, comme Germaine Pourvoyeur, membre de la Croix-Rouge, qui apportait aux détenus de quoi survivre.

La pièce se présente "comme un choeur duquel sortent des voix", nous précise Fabio Alessandrini, le comédien intervenant de la Compagnie Teatro Di Fabio. "Comme les élèves sont nombreux, il a fallu trouver une solution pour que tout le monde puisse jouer. Nous avons donc imaginé des scènes comprenant beaucoup de personnes, comme un match de foot". Elle montre l'ennui et l'inquiétude auxquels devaient faire face les prisonniers. Une scène décrit un appel, durant lequel des personnes doivent sortir du rang, en se demandant pourquoi on les avait appelées, elles en particulier.

Au fur et à mesure de l'avancée du travail, le comédien met en scène les répliques improvisées par les élèves. "Réaliser cette pièce nous permet de nous mettre réellement à la place des déportés et comprendre ce qu'ils ont vécu. C'est mieux qu'un cours classique", commente Louis. "C'est un travail très utile pour ne pas perdre le souvenir de ce qui s'est passé durant ces années-là", ajoute Marylou. "Et puis cela permet de travailler en groupe, mieux nous connaître entre nous et enlever la timidité de certains".

Le travail touche à sa fin : il ne reste plus qu'une séance avant la représentation devant tout le collège, qui aura lieu le 15 mars. Celle-ci sera consacrée à l'expression de l'inquiétude, une émotion primordiale chez les détenus. Il reste encore du travail mais la pièce prend déjà une belle tournure. Une représentation à Royallieu est même envisagée. Ce serait un bel hommage rendu à tous ceux qui ont souffert à Royallieu et dans les camps de la mort nazis.