Impression    Partager :

COMPIEGNEChef d’établissementParentEnseignantFerdinand BacNewsletter Actus 1Prix RobervalSciences

Le Concorde expliqué aux collégiens

Mis en ligne le

Thomas Risch, finaliste du Prix Roberval dans la catégorie "Télévision", est venu présenter son documentaire "Concorde, le rêve supersonique" aux élèves du collège Ferdinand Bac à Compiègne.

Des saynètes bilingues

La classe de 5eF accompagnée de leur professeure de sciences physiques Mme Gredy, s'est donc réunie dans une salle du collège afin de revivre l'épopée du Concorde. Les élèves avaient bien évidemment visionné le documentaire auparavant, le lundi précédent la rencontre.

En guide d'introduction, ceux-ci avaient préparé une petite surprise au réalisateur : de petites saynètes reprenant des moments-clés de l'histoire du Concorde, toutes jouées en Français puis en Anglais. On a ainsi pu revivre les difficultés de communication entre les ingénieurs français et anglais, le choix du nom du futur avion, le journal télévisé de 1969 annonçant que le Concorde a franchi le mur du son ou encore les hôtesses de l'air du vol Paris-Rio détaillant le menu du jour ! Thomas Risch s'est montré ému d'une telle attention : "Cela me fait chaud au coeur", a-t-il dit.

Un rêve supersonique

Thomas Risch est auteur-réalisateur de documentaires. Il a réalisé par le passé des films sur Zanzibar, le Zimbabwe, la Formule 1 ou  encore les sous-marins. Il se dit très influencé par le réalisateur Raymond Depardon. S'intéressant de près à la technologie, il a eu l'idée de réaliser un reportage sur le Concorde après avoir effectué quelques recherches. Il avoue également une certaine fascination pour le supersonique : "Cet avion, je le trouve beau", a-t-il avoué. Après avoir réalisé un "dossier de développement", dans lequel est présenté le futur film avec tous les points abordés, avec la société de production BBC Worldwide France, ils l'ont présenté à France 5 qui a accepté le projet.

Commence alors le travail de recherche et d'écriture, qui dure un an. "Ensuite, j'ai listé toutes les images dont j'avais besoin, puis j'ai chargé quelqu'un de les trouver". Le projet de réaliser un avion supersonique de ligne paraît impossible dans les années 1950 : "On savait tout juste envoyer un pilote de chasse à la vitesse du son, alors tout un équipage avec des passagers, cela paraissait un peu fou". Pour réaliser cet exploit, il a fallu trouver des astuces, comme le transfert de carburant : pendant le vol, un système de pompage transfère le carburant de l'avant vers l'arrière de l'appareil, afin de compenser la différence de poussée aérodynamique entre le vol subsonique et supersonique. Autre innovation : le nez de l'avion se baisse au décollage et à l'atterrissage, afin de donner au pilote une visibilité maximum. Le nez a d'ailleurs été inspiré par le bec d'une oie (biomimétisme).

Une fois les images tournées, 14 semaines supplémentaires ont été nécessaires pour réaliser le montage. L'occasion pour les élèves de demander au réalisateur ce qu'il a préféré dans cette aventure : "Ce que j'aime vraiment en général dans ce métier, c'est la rencontre avec les gens, par exemple lorsque j'ai interviewé Jean Pinet, qui était pilote sur le Concorde. J'aime bien également apprendre des anecdotes amusantes, comme le fait que la carlingue de l'avion se dilatait quand celui-ci passait le mur du son. Pour ne pas que la moquette se déchire quand les plaques de tôle s'écartaient, on a conçu une moquette "sur roulettes" !".

Le documentaire est également l'occasion d'évoquer l'espionnage industriel qui faisait alors rage, notamment avec les Soviétiques, qui faisaient passer des plans en URSS en les cachant dans des tubes de dentifrice. Une élève s'est montrée émue par le film : "C'est une histoire exceptionnelle. C'est vraiment dommage que tout ce soit arrêté".

Thomas Risch a également fait passer aux élèves des documents d'époque, comme un exemplaire du journal Sud-Ouest de 1966 ou la revue Aviation International.

La surprise finale !

Une autre surprise attendait Thomas Risch au moment de prendre congé des élèves : ceux-ci lui ont remis un panneau composé d'une multitude de dessins résumant ce qu'ils ont retenu du documentaire. "J'adore votre cadeau. J'ai passé un super moment".

En guise de conclusion, il a tenu à faire passer un message aux collégiens : "Ce documentaire est la preuve que l'on peut se réaliser même si on n'est pas bon dans certaines matières. J'ai pu avoir des difficultés au cours de ma scolarité mais j'ai finalement trouvé ma voie et maintenant je fais quelque chose qui me plaît".