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PONT-SAINTE-MAXENCEChef d’établissementCollégienEnseignantHistoire et mémoire

Sam Braun, témoin d'Auschwitz

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Dans le cadre du dispositif Histoire et Mémoire, des élèves de 3ème ont assisté à une représentation du spectacle Personne ne m'aurait cru alors je me suis tu, par la Compagnie De Nox A Lux, le 20 février 2018 au théâtre La Manekine à Pont-Sainte-Maxence.

Sam Braun, déporté à Auschwitz

Sur scène, un unique comédien, Patrick Olivier, raconte l'histoire de Sam Braun, arrêté le 12 novembre 1943 à Clermont-Ferrand avec ses parents et sa petite soeur. Il a alors 16 ans. Ils sont tout d'abord emmenés au camp de Drancy, puis Auschwitz jusqu’au 18 janvier 1945, date de l'évacuation du camp suite à l'avancée des troupes russes en Pologne. Il fera ensuite « la Marche de la Mort  » durant quatre mois jusqu’à sa libération à Prague par des membres de la résistance tchécoslovaque.

D'une voix monocorde et que l'on sent résignée, le comédien narre la vie et la souffrance quotidiennes des prisonniers du sinistre camp situé en Pologne : les appels interminables, les "repas" constitués d'une eau trouble avec un peu de pain, les rudes conditions climatiques (Sam était affecté à un groupe, un Kommando, effectuant des travaux en extérieur), les coups, les gens mourrant quotidiennement...

Le récit s'achève par l'évocation de l'évacuation du camp en janvier 1945. Débute alors la Marche de la mort, durant laquelle les prisonniers sont traînés de camps en camps, à pied ou entassés dans des wagons. Sam assiste aux nombreuses exécutions sommaires de ceux devenus trop faibles pour continuer à avancer. Le calvaire prend fin en juillet 1945, où il est libéré par des résistants tchèques déguisés en soldats allemands.

Un témoignage longtemps enfoui

Personne ne m'aurait cru, alors je me suis tu est le livre relatant son histoire, paru en 2008. Sam Braun a mis 60 ans à sortir ces souvenirs de sa mémoire, après être passé par des phases de dépression et d'alccoolisme. Il a notamment eu beaucoup de mal à accepter d'être le seul, parmi sa famille, à être revenu vivant d'Auschwitz.

L'idée de départ de la pièce est venue à Patrick Olivier lorsque Sam Braun lui a parlé de son livre. La force de son témoignage lui a tout de suite donné envie d'en faire un spectacle, qui a été enrichi par la projection en arrière-plan de photos prises dans les camps, choisie avec le Rectorat de Paris.

Sam Braun n'a assisté au spectacle qu'une seule fois : il est malheureusement décédé en 2011. 

Pour Patrick Olivier, l'émotion est la même à chaque fois que la pièce est jouée, malgré 140 représentations : "Quand je joue, je me retrouve dans le wagon avec Sam Braun. Pendant certains passages, j'ai même du mal à contenir mon émotion", (notamment le passage où il évoque sa mère).

Plus qu'un témoignage sur l'horreur des camps nazis et sur la Shoah, Personne ne m'aurait cru alors je me suis tu est un appel vibrant à l 'absolue nécessité de témoigner afin d'accepter l'autre dans toute sa différence et faire en sorte que de telles atrocités ne se reproduisent plus jamais.

Extraits du spectacle